À PROPOS DU FILM « SILENCE »

« Le mot empêche le silence de parler » Ionesco
SILENCE ! Comme on dirait dans les allées d’un hôpital ou sur un plateau avant de mettre en

boîte un plan, une séquence.

SILENCE est le troisième et dernier volet de la trilogie des « S », que je produis depuis ses origines : après Salauds de pauvres et Salope, je t’aime dont la sortie en salle est prévue cette année, ce troisième opus vient conclure un cycle artistique ambitieux autour de thèmes humains forts.

Comme pour les deux précédents films, j’ai souhaité proposer ce nouveau thème à neuf auteurs-auteures/réalisateur-réalisatrices afin de croiser différentes approches sur ce silence qui réside en nous. SILENCE est composé de neuf films de dix minutes neuf regards, neuf manières d’habiter le silence.

Déjà dans Salauds de pauvres, la misère pouvait conduire au mutisme. De même que dans Salope, je t’aime, le silence de la femme pouvait être une force. Ce fil rouge traverse le triptyque et trouve dans SILENCE son aboutissement naturel.

Le cinéma a toujours entretenu des rapports d’affinité avec le silence. Cet art né muet avant de devenir parlant est, avec la musique, le seul à pouvoir faire entendre et représenter le silence.

Je voulais un film où le mot « SILENCE » serait convoqué pour inquiéter le visible et donner naissance à des histoires aux multiples facettes. Bien évidemment parlantes, mais où ce thème si compliqué s’inviterait comme une valeur d’émotion. Un cinéma sonore qui donnerait la parole au silence.

La gamme des silences est vaste : le silence de la nature et des animaux, celui du sourd, celui de la première neige, celui des chartreux et des églises, celui mystérieux des anges, celui des musées, celui des commissariats où le suspect garde le silence, celui de la peur où le « Chut » s’impose pour ne pas être pris au piège, celui de l’anéantissement de la planète et le silence des débris.

 

Il faut écouter ce que l’on entend quand rien ne se fait entendre !

 

Et si l’affiche ressemblait au dieu Harpocrate chez les Grecs. Il était représenté un doigt sur la bouche, comme pour ordonner de se taire. « Taisez-vous que je vous entende !!! » semblait-il dire.

Dans la littérature, l’amour est lié au silence. « Je l’ai embrassée, à partir de ce moment nous n’avons plus parlé », écrit Camus dans L’Étranger. Le silence qui s’impose dans le couple traverse le roman de Simenon Le Chat. Et Hemingway de conclure : « 2 ans pour apprendre à parler, toute une vie pour apprendre à se taire. »

Par rapport aux deux premiers volets du triptyque, avec SILENCE la narration restera importante, mais elle sera accompagnée de traitements audiovisuels singuliers. Certains films seront sonores, d’autres peut-être muets, comme à l’époque du cinéma pionnier. Opposition des bruits et puis plus rien... Un craquement, un vent, un avion au lointain...

Le silence peut être sonore et le son silencieux. Le silence imposé comme une déstabilisation, comme quelque chose de difficile à discerner. Le silence peut angoisser. Dans une ruelle isolée sans bruit, on va parler à haute voix pour casser le silence. Un vide physique peut faire peur. Même le souffle est coupé.

Il y aura des histoires angoissantes, dramatiques, comiques, absurdes, décalées dans ce film à sketches. Des propositions de récits comme une musique, puisque le signe SILENCE existe dans une partition.

Oui, la gamme est importante !

GARDER LE SILENCE : un secret.
LA LOI DU SILENCE : chez les mafieux.
LE SILENCE PROFESSIONNEL : celui des médecins, des curés, des avocats.

À l’heure où le bruit envahit tous les espaces et où l’hypermédiatisation permanente jette son flux de paroles, ce thème du silence permet d’aller sur des chemins de traverse et d’offrir aux spectateurs une réflexion sur la langue et le langage, le son et le bruit.

Alors en avant !

SILENCE ! Avant de dire ACTION !

 

IL Y A CELUI QUI EST IMPOSÉ

IL Y A CELUI QUE L’ON S’IMPOSE

IL Y A CELUI QUI S’IMPOSE

En un mot : SILENCE

 

 

 

 

18 JOURS

Frédéric MARBOEUF

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